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Trois mois après la mort violente d’Élisa Pilarski, une jeune femme de 29 ans enceinte de 6 mois, dans l’Aisne (France), on ignore toujours quel chien a mordu mortellement la victime, alors qu’une chasse à courre était organisée à proximité.

Les résultats d’ADN sont attendus ce mois-ci. L’enquête vise à savoir quel chien est responsable de la mort de la jeune femme, alors que les propriétaires des différents animaux se renvoient la responsabilité du drame.

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Presque trois mois après la mort atroce d’Élisa Pilarski, 29ans, en forêt de Retz (Aisne), la vérité n’a toujours pas éclaté, comme l’écrivent nos confrères du Courrier Picard. Par quels chiens cette femme enceinte de 6mois a-t-elle été tuée ? Des tests ADN sont menés sur 67chiens soupçonnés : 62 de l’équipage du Rallye la Passion, qui chassait en forêt ce jour-là, et les cinq de la victime et de son concubin dont Curtis, celui qu’elle promenait ce jour-là.

Les résultats, qui devraient être connus dans le courant du mois, sont vivement attendus. Les propriétaires des chiens, eux, n’ont pas attendu les résultats de l’enquête pour se dédouaner de toute responsabilité. Si bien que dans cette sordide affaire, où beaucoup de défenseurs de la cause animale prennent fait et cause pour Curtis, et où les anti-chasse à courre mettent en cause les chiens de meute, des avis bien tranchés fleurissent sur les réseaux sociaux. Mais l’enquête de la police judiciaire de Creil, que l’on imagine approfondie, n’est pas terminée.

Christophe Ellul, le concubin d’Élisa Pilarski, défend son chien bec et ongles : «  Qu’on ne vienne pas me dire que mon chien est responsable de ce massacre ». Pour l’heure, la mise en cause des chiens de chasse à courre tient surtout à ses déclarations : «  Tu m’as appelé à 13h19. Tu étais en panique, tu me disais je me fais mordre aux bras et aux jambes, je t’ai dit de lâcher Curtis. Et plus rien. Quand je suis arrivé près des lieux, j’ai aperçu un petit groupe de chiens de chasse qui partaient. J’ai appelé Curtis qui m’a répondu en aboyant, c’est comme ça que je me suis rapproché du ravin dans lequel j’ai vu une meute d’une quinzaine ou vingtaine de chiens de chasse, silencieux autour de ce que je pensais être un tronc d’arbre », explique-t-il sur sa page Facebook.

Pour le légiste, des morsures causées par « un ou plusieurs chiens »

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Sur le plateau de BFM, l’avocat du chien, Me Eric Alligné, dit se baser «  sur des faits scientifiques » pour soutenir que les chiens de chasse sont impliqués : «  Le médecin légiste atteste que (ndlr : la victime) est morte de morsures de plusieurs chiens ».

L’avocat est affirmatif mais selon les informations du Courrier Picard, le médecin légiste ne l’est pas autant. Il parle d’une mort consécutive à des morsures causées par «  un ou plusieurs chiens ». Le procureur avait précisé que les morsures sont intervenues avant et après la mort.

Selon Me Alligné, toujours sur BFM, «  Curtis a des morsures sur la tête », «  il s’est retrouvé face à un groupe de chiens et il s’est battu pour défendre sa maîtresse ». Il est là aussi affirmatif mais il semble que l’examen de Curtis n’a révélé aucune morsure sur son corps mais des «  excoriations », autrement dit, des écorchures superficielles. L’animal porte des cicatrices mais pour les vétérinaires qui l’ont examiné, elles semblent anciennes.

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Si l’avocat du chien et son maître ont défendu publiquement Curtis, c’est que le comportement du chien soulève des questions. L’animal, âgé de 2ans, serait un croisé de lévrier whippet et de patterdale terrier, acheté en Hollande.

Deux vétérinaires ont assisté à des scènes marquantes. Le premier est le comportementaliste chargé de se pencher sur la dangerosité de l’animal. En sa présence, Curtis a saisi la manche d’une jeune femme dans sa gueule et il ne voulait pas la lâcher. Il ne le fera qu’au retour de son maître. Ce dernier a indiqué ce jour-là que Curtis participait à des manifestations de mordant sportif à l’étranger, pratique interdite en France, a-t-il dit.

Pour un vétérinaire, Curtis est « dangereux et imprévisible »

Christophe Ellul lui-même a été mordu à la jambe par Curtis alors qu’il se trouvait dans l’enceinte de la gendarmerie. Énervé, le pantalon déchiré, il a même lancé «  il m’a mordu, piquez-le ! », a témoigné un gendarme.

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Curtis est «  dangereux et imprévisible », selon le deuxième vétérinaire. Il a assisté à la grave morsure de la bénévole du refuge de Beauvais, où le chien a été placé. Elle est intervenue sans signe avant-coureur, le chien n’étant «  ni agressif ni apeuré ». Il a mordu sans avoir grogné à un moment ou un autre.

Pour les défenseurs de Curtis, ces faits ne prouvent pas qu’il est à l’origine de la mort d’Élisa Pilarski. Dans cette affaire, il n’y a en effet pour l’heure aucune preuve formelle.

De son côté, l’avocat de la société de vénerie Guillaume Demarcq a fait savoir «  qu’aucun élément ne démontre l’implication des chiens de chasse à courre dans le décès de cette femme ».

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Les constatations faites sur les chiens après les faits n’ont révélé aucune blessure.

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