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À l’image de Maurice le coq, c’est au tour de Sésame, le cheval comtois de 6 ans de Marie et Jean-Paul Zusslin, propriétaires d’un vignoble en Alsace, d’attendre son procès en appel, le 18 novembre 2019. Deux cas non isolés, qui suscitent émoi et action.

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Il s’appelle Sésame. Sujet de discorde depuis 2014, le cheval a été intégré en 2012 à l’équipe du domaine Valentin Zusslin, situé dans le village viticole d’Orschwihr, en Alsace (Haut-Rhin). Pour aller au bout de leur philosophie et asseoir l’exploitation du raisin en culture bio-dynamique, Marie et son frère, Jean-Paul Zusslin, utilisent la traction animale, qui permet de travailler la terre sans agressivité et assure la « condition de vie harmonieuse entre terre, plante et environnement »,peut-on lire sur le site du domaine, dans la famille depuis treize générations.

Odeur, mouches et bruit

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Les propriétaires du gîte voisin, installés depuis 1983 dans la région ne voient pas d’un bon œil l’arrivée du cheval, générant de « forts désagréments », lit-on dans les colonnes de L’Alsace, à savoir « l’odeur du crottin et de l’urine, la présence massive de mouches et le bruit des chevaux ». Le couple déplore en conséquence une baisse de fréquentation de son gîte, situé face au verger du domaine viticole.

Déboutés par le tribunal d’instance de Guebwiller, le 3 juillet 2018, au motif que « les désagréments occasionnés par cette présence n’excèdent pas les inconvénients habituels du voisinage », les plaignants ont choisi de faire appel de cette décision.

Les propriétaires du domaine Zusslin ont lancé une pétition le 16 septembre 2019. Celle-ci a déjà recueilli plus de 7 000 signatures. « Avant le cheval, c’était le bruit de notre climatisation et les cloches de l’église qui sonnent trop fort… », rétorquent les Zusslin. Le procès se tiendra le 18 novembre 2019, devant la Cour de d’appel de Colmar (Haut-Rhin).

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Il s’appelle Sésame. Sujet de discorde depuis 2014, le cheval a été intégré en 2012 à l’équipe du domaine Valentin Zusslin, situé dans le village viticole d’Orschwihr, en Alsace (Haut-Rhin). Pour aller au bout de leur philosophie et asseoir l’exploitation du raisin en culture bio-dynamique, Marie et son frère, Jean-Paul Zusslin, utilisent la traction animale, qui permet de travailler la terre sans agressivité et assure la « condition de vie harmonieuse entre terre, plante et environnement »,peut-on lire sur le site du domaine, dans la famille depuis treize générations.

Odeur, mouches et bruit

Les propriétaires du gîte voisin, installés depuis 1983 dans la région ne voient pas d’un bon œil l’arrivée du cheval, générant de « forts désagréments », lit-on dans les colonnes de L’Alsace, à savoir « l’odeur du crottin et de l’urine, la présence massive de mouches et le bruit des chevaux ». Le couple déplore en conséquence une baisse de fréquentation de son gîte, situé face au verger du domaine viticole.PUBLICITÉ

Déboutés par le tribunal d’instance de Guebwiller, le 3 juillet 2018, au motif que « les désagréments occasionnés par cette présence n’excèdent pas les inconvénients habituels du voisinage », les plaignants ont choisi de faire appel de cette décision.

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Les propriétaires du domaine Zusslin ont lancé une pétition le 16 septembre 2019. Celle-ci a déjà recueilli plus de 7 000 signatures. « Avant le cheval, c’était le bruit de notre climatisation et les cloches de l’église qui sonnent trop fort… », rétorquent les Zusslin. Le procès se tiendra le 18 novembre 2019, devant la Cour de d’appel de Colmar (Haut-Rhin).

Le domaine viticole de Zusslin, une affaire de famille depuis 13 générations. | DR

Une histoire qui se répète

En 1995, le petit village de Sallèdes, dans le Puy-de-Dôme avait eu droit à un scénario similaire. Les nuisances liées à un élevage de poules avaient opposé leur propriétaire à un couple voisin, qui jugeait les gallinacées « trop bruyantes et malodorantes », rappelle Le Monde . C’est en appel que le procès avait donné gain de cause au propriétaire du poulailler, « attendu que la poule est un animal anodin et stupide, au point que nul n’est encore parvenu à le dresser, pas même un cirque chinois ».

Si l’histoire se répète, les animaux semblent obtenir gain de cause et une jurisprudence se mettre en place, comme le souhaitait Corinne Fesseau, la propriétaire de Maurice, le coq, qui a tant fait parler de lui à l’été 2019. Le tribunal correctionnel de Rochefort (Charente-Maritime) a en effet tranché en sa faveur, le 5 septembre 2019, et débouté les plaignants, qui devront verser 1 000 € de dommages et intérêts à Corinne Fesseau.

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L’événement avait généré un émoi certain et avait largement été relayé par les médias : tant dans le journal de France 3 que dans les colonnes du New York Times . La pétition, lancée par la propriétaire de Maurice, avait réuni 139 763 signatures et suscité autant de soutiens que généré d’indignations. Christophe Sueur, le maire de Saint-Pierre-d’Oléron avait même pris un arrêté municipal, en 2018, pour rappeler, dans ce contexte, la ruralité de l’île et le droit de ses habitants à posséder une basse-cour.

Des cigales aux cloches

Courant août, dans le Var, des vacanciers souhaitaient faire cesser le bruit des cigales, entendait-on sur France Bleu . Georges Ferrero, maire du Beausset, déplorait, en effet, deux plaintes de touristes concernant le chant des cigales dans sa commune. Ceux-ci réclamant des insecticides pour les éliminer.

Au-delà des animaux, les sonneries des cloches entraînent également quelques désagréments. En août 2018, en Lozère, les cloches de l’église du village Les Bonbons gênaient certains riverains, qui avaient demandé d’en décaler les horaires. De même, en Vendée, elles divisent les habitants.

Les bruits de la campagne au patrimoine mondial ?

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Les animaux de la ferme, les insectes, les cloches… Symboles d’un monde et d’un environnement. C’est un conflit entre ruraux et néo-ruraux qui semble ici s’installer. Une division à laquelle le maire de Gajac (Gironde) a répondu par l’action en mai 2019. Outré par les plaintes dont sont victimes les ruraux, Bruno Dionis du Séjour souhaite voir les bruits de la campagne classés au patrimoine national.

Profitant du Grand débat national, l’édile avait publié dans une lettre ouverte défendant cette idée, taclant les personnes qui, « d’origine urbaine pour la plupart », découvrent les sonorités rurales « comme le sot découvre que les œufs ne se cueillent pas sur les arbres ».

Il réclame que « le chant du coq, l’aboiement familier du chien, la cloche de l’église, le meuglement des vaches, le braiment de l’âne et le pépiement des oiseaux » soient inscrits dans la Constitution d’abord, puis à l’Unesco et que ces plaintes cessent.

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Une initiative encouragée par Pierre Morel-À-L’Huissier, député de la première circonscription de Lozère, qui de son côté, a évoqué sa volonté de « déposer une proposition de loi en ce sens sous forme de résolution ».

En attendant, Sésame attend son sort dans le verger des Zusslin. « On risque de devoir se séparer du cheval et verser 10 000 € d’amende », précise Marie Zusslin.

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Source/ ouest France

rony jevemi

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